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Retour d'un haut lieu de l'imagerie : une salle de coronarographie.

 De notre envoyé spécial, Pierre Berger, octobre 2010

 

Me voici revenu de ma descente au coeur d'un passionnant univers d'images, avec un scénérario qui n'a manqué ni de suspense, ni de progression rationnelle, ni de happy end.

 Fermez les yeux et imaginez le film :


 Etant allé aux urgences juste pour demander un conseil, vous vous retrouvez quelques minutes plus tard au plus mal, au bord de la syncope, avec plein d'électrodes partout (enfin, pas aux endroits qui appelleraient des sex toys) , des petits écrans qui frétillent et une équipe de quatre
 personnes qui s'agitent et finissent par vous expliquer que vous êtes en train de faire un infarctus.

 Trois gros mastards en uniforme bleu et rouge débarquent... pour vous embarquer dans l'ambulance pinpon jusqu'au centre de coronographie d'un autre hôpital. Là, re-équipes en blouse (avec de drôles de petits bonnets couleur bordeaux), et vous translatent avec précaution sur... disons... la surface de contrôle. A votre gauche, pendus au plafond sur un support mobile, quatre grands écrans encore tout noirs. Au dessus de vous, une sculpture style Jean Arp ) s'approche, menaçante, de votre thorax. On vous a retiré les électrodes, merci. Mais en échange on vous a enfilé un long tuyau par la fémorale (l'artère près du fémur, pour les non initiés), qui remonte doucement vers votre petit coeur sensible.

 Là dessus, celui qui semble être le chef vous explique tranquillement que la situation est un peu diffiicile, car la tuyauterie est passablement entartrée, notamment dans certains embranchements stratégiques. Et quelques artères complètement bouchées (ce qui explique vos malheurs)

 Entre temps il se passe plein de choses sur les écrans, mais la caméra, malencontreusement, vient vous gâcher le paysage. Le chef explique "Bon, ne vous inquiétez pas. On va percer des passages là dedans en gonflant des petits ballons puis en posant des petits cylindres de grillage qui empêcheront les spectateurs du tour de venir sur le chemin des coureurs.

 A part ça, c'est quand même sympa : pas d'anesthésie générale. Le chef vous demande régulièrement "Tout va bien, monsieur Berger". "Pas de problème, docteur". C'est vrai que vous n'avez presque pas mal. Juste un peu froid (mais le docteur dit que c'est pour des raisons d'asepsie). Environ 90 minutes plus tard, c'est la fin de la séance et vos artères remarchent en HD (je voulais dire, haut débit, et 3D, bien entendu, même si vous êtes un peu à plat).

 D'autres mastards, ceux-là aux cheveux longs (des passionnés de jeux de rôle, semble-t-il) reviennent vous chercher pour aller à la chambre. Là,  super. Vous êtes mollement couché bien horizontal (attention à ne pas plier la jambe) sur un lit confortable, et une escouade de charmantes houris viennent vous faire des choses inavouables (Sans vous en apercevoir, seriez-vous arrivé au paradis d'Allah ). En prime, votre torse viril a récupéré des électrodes, accrochées là aussi à un petit écran à
côté du lit (là, c'est du 2D, mais en couleur quand même) et, dès que ça  couine, une des charmantes arrive tout de suite (et tout sourire) pour consoler le pauvre malade (ouais.. ou lui piquer du sang, de vraies vampires, qui sait ?).

 Si tout va bien, deux jours plus tard vous rentrez à la maison sur vos deux jambes. Dans votre cas, c'est un peu compliqué, car il faudra une deuxième séance. En outre vos liaisons électriques entre ventricules sont un peu lentes (problème de bus mal adapté ? ). Mais enfin, voilà, le film se termine. Retour à la maison, avec obligation de repos.

 En prime, vous avez perdu trois kilos en huit jours. Mieux que le Dr Dukan ! Une recette à recommander : un infarctus un peu compliqué, un séjour en soins intensifs aux frais de la sécu, et le tour est joué.

 Malheureusement, vous n'aviez pas emporté votre caméscope et ne pourrez donc pas présenter votre film à Siggraph 2011. Aie. Dommage. Du coup vous vous sentez mal... Mal ! Malaise ... Maintenant vous connaissez la musique : "Allo, le 15, on repart pour un tour", et cette fois vouz allez emporter une caméra, et aurez peut-être le temps de faire le montage avant le deadline (si vous n'êtes pas dead tout court d'ici là).



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