URGENT

De PIERRE BERGER Fax 49 04 79 04

(tel. 49 04 79 30)

à BRUNO GHENASSIA Fax 41 04 29 47

Voilà le projet. Comme convenu, merci de me retourner vos observations avant ce soir vendredi 18 Heures.

Cordialement.

@SURTITRE:INFORMATIQUE INDUSTRIELLE

@TITRE:Du développement à l'intégration

@CHAPO:Le génie logiciel, en milieu industriel notamment, suppose la mise en oeuvre d'une grande variété d'outils, voire de cultures. Productivité et qualité viennent au terme d'un patient effort d'intégration, de coordination et de communication.

@TEXTE:Gérer le développement des logiciels, même dans un cadre aussi étroitement défini que l'informatique industrielle de Renault, exige la mise en oeuvre de nombreux outils. Leur intégration progressive s'étale sur plusieurs années (voir schéma ci-contre). Et le succès dépend d'une persévérante patience pour convaincre les individus et les équipes de développeurs. Bruno Ghenassia, responsable des projets d'informatique industrielle pour les usines de mécanique, arrive au terme d'une démarche commencée en 1990. Elle a donné un sens concret à l'expression "industrialisation du logiciel".

@INTER:Une panoplie qui s'élargit progressivement

@TEXTE:De 1989 à 1994, le parc des stations de développement est passé d'une à 17 machines Sun. Il s'y ajoute quatre machines d'intégration (Hewlett-Packard), sans compter les machines-cibles, installées sur le sites, et qui concourent aux phases finales de mise au point.

Au départ, chaque projet suivait sa méthode. Une démarche d'homogénéisation s'imposait, ne serait-ce que pour permettre la réutilisation de modules entre des applicatifs qui ne manquent pas de points communs, du fait de leur destination commune, l'informatique industrielle du constructeur.

@INTER:L'importance du graphique

@TEXTE:En 1990, un chef de projet entreprend de développer une application de pilotage (pour l'usine du Mans), avec Géode, de Vérilog. Cet outil graphique de conception et de génération de code séduit deux, puis trois chefs de projets. A l'heure actuelle "le phénomène s'aggrave, non seulement les premiers frappés récidivent, mais de plus ils ont contaminé d'autres personnes".

L'intérêt du graphique se confirme avec l'étude de différents outils pour construire les interfaces homme-machine (IHM). L'équipe choisit plusieurs produits, en fonction des différents projets. SQL.Forms pour les applications Unix utilisant majoritairement la base de donnés Oracle. Screener, pour les applications Unix n'utilisant pas majoritairement une base de données, NS-DK pour les applications Windows.

Développer ne suffit pas, encore faut-il doter chaque projet de sa documentation. Interleaf, mis en évaluation en 1991, se voit validé un an plus tard sur un projet de pilotage de tôlerie (à Douai). La généralisation atteint par la suite l'ensemble des projets d'informatique industrielle.

@INTER:De la spécification au test des réseaux

@TEXTE:Mais il faut aller encore plus loin, plus profond, remonter jusqu'aux phases amont de la conception, c'est à dire à la spécification. Ici intervient StP (Software through pictures, de la société IDE). Le produit dispose d'une gamme de fonctions intégrées qui pourraient conduire jusqu'à la réalisation. Mais, actuellement, les équipes n'utilisent que les éditeurs de modélisation de données. Sans exclure une utilisation plus intensive, grâce à une nouvelle version dotée d'une "ergonomie de type Macintosh".

Un "simulateur d'atelier" vient de s'ajouter à la panoplie, pour tester le fonctionnement des systèmes en réseau. Ce type d'outil avait fait l'objet d'esais dès 1990, mais les moyens disponibles à l'époque en limitaient l'efficacité. En 1993, une machine Unix HP 9000, munie de quatre cartes de communication (Applicon) permet de tester différents protocoles, et donc de valider toute la couche communication des projets. Le produit a prouvé son efficacité sur les projets de pilotage tôlerie et peinture à Douai.

Dernier en date, un outil de gestion de configuration perfectionne le suivi des projets et des systèmes concrets implantés au fil du temps dans les différents sites de production.

@INTER:Communiquer à l'intérieur et à l'extérieur

@TEXTE:La démarche de Bruno Ghenassia démarre sans mandat officiel. Placé en position de support technique, il "crée le poste en travaillant et en m'alliant avec les chefs de projet". La généralisation de ses méthodes découle des résultats obtenus.

Parmi les forces qu'il fait jouer, notons la communication tant interne qu'externe. Prenant la présidence du club des utilisateurs de Verilog, il obtient une relation privilégiée avec le fournisseur et le chef de projet concerné. A un niveau plus large, plus abstrait aussi, il participe à l'animation d'un groupe de travail Afcet (l'association scientifique de l'informatique française). Cela permet de partager les acquis avec d'autres entreprises comme avec les chercheurs les plus avancés du domaine.

Au niveau interne, l'effort de communication se traduit notamment par la parution, à la fin de 1993, d'un numéro spécial du JIT (Journal d'informations techniques, Automatismes et informatique industrielle) de Renault. Toute l'équipe génie logiciel y participe (Patrice Grasset, Christophe Marchais, Isabelle Provost, Marc Terrien).

@INTER:Des intégrateurs plus que des développeurs

@TEXTE:Chez Renault, comme dans tous les services informatiques, on pourrait rêver d'un atelier de génie logiciel intégré. Il couvrirait la totalité des développements, depuis les premières phases de la spécification et du dialogue avec les utilisateurs, jusqu'à la maintenance corrective et évolutive, au fil des ans (sinon des décennies). En pratique, la diversité des problèmes à résoudre comme des profils de développeurs conduit plutôt à une bonne combinaison d'outils différents.

L'augmentation de la puissance des machines rendra sans doute raisonnable demain des rêves qui hier ne pouvaient conduire qu'à des "usines à gaz". L'orientation objet leur apporterait sa capacité à regrouper des composants aussi hétérogènes a priori qu'un "contrôle graphique" et un serveur de réseau local. Mais Bruno Ghenassia se méfie de ces grandes idées. "Nous ne sommes pas des développeurs, mais des intégrateurs. Notre métier consiste avant tout à mettre en oeuvre différents progiciels et autres composants pour réaliser des projets". Il en tire trois conclusions.

D'abord, les projets informatiques en milieu industriel exigent une double compétence: le procédé lui même, l'informatique ensuite. Et il faut que celle-ci se dote de concepts plus évolués. Cependant, les produits actuels allègent déjà sensiblement les phases de codage, et permettent de parler de génération automatique de code.

Ensuite, la fonction d'intégration exige des outils adaptés, soutenant l'effort méthodologique, offrant une visibilité permanente sur les systèmes existants ou les projets en cours, apportant les bases d'une architecture générique.

Il faut enfin construire des outils de suivi des moyens de production informatique. Tant pour stabiliser les cahiers des charges que pour progresser en productivité et en qualité.@SIGNATURE:PIERRE BERGER