Mes combats au fil des ans

J'ai démarré dans le monde du journalisme avec une passion pour l'informatique à la fois positive et critique.

Positive. Dans un esprit teilhardien, "Action catholique", optimiste.

Critique Elevé dans une famille catholique pratiquante, quatre ans pensionnaire dans un monastère, j'ai en terminale un professeur de philosophie marxiste qui m'amène pour le moins à me poser des questions. Cela ne m'empêche pas d'entrer au séminaire dans l'intention de devenir prêtre, mais mon esprit critique y trouve très vite un aliment dans la philosophie et dans l'étude critique de la Bible et de la doctrine chrétienne. C'est notamment le cas de ma dissertation sur Le problème du mal (1958)

Dans l'assurance, mes fonctions sont essentiellement techniques (réassurance), mais j'y vois de suite les perspectives de l'informatique, pour améliorer les opérations, mais aussi avec les problèmes humains qu'elle pose: chômage, conditions de travail.

- Sur l'ampleur des perspectives, voir une série de notes, Le réseau général (notes, vers 1963), que certains peuvent trouver visionnaires, mais qui n'étaient pas si rares à l'époque, comme en témoignent les livres d'Albert Ducrocq ou un grand article paru dans Sciences et mécanique, de mai 1967).
- Sur les perspectives pratique dans ma spécialité, Réassurance prospective (1964). S'il y a combat, ici, c'est conre les inerties de mon milieu professionnel.
- Ces vues et l'insistante sur une attitude lucide se précident avec L'électronique, un bon serviteur qui doit trouver son maître (1965). Je suis à cette époque membre de l'ACA, une équipe d'action catholique spécialisée dans l'assurance, dont fait notamment partie Pierre Nardin, directeur d'une compagnie, et qui a des préoccupations sociales, par exemple dans son article Rationalisation du travail et satisfaction du personnel. L'Argus des Assurnces, 8 Mai 1965.

C'est dans cet esprit que je deviens journaliste spécialisé en 1967. Et j'a la chance d'apprendre le métier dans une équipe motivée, une entreprise qui croit aux valeurs spécifiques du journalisme (compétence, quête permanente de l'objectivité même si on sait qu'elle ne peut jamais être totalement atteinte), esprit critique par rapport à tous les acteurs concernés, qui, très naturellement (parfois, mais rarement, de manère franchement malhonnète) visent de faire parler les journalistes dans le sens qui convient à leurs projets.

Il s'agit donc d'un combat constant pour découstruire les discours des services de communication, le filtrer pour y trouver le positi, souvent aussi pour s'émerveiller. Avec une arme principale: un travail méthodique de croisement des sources (tous mes confrères sérieux le font) et (c'est plus rare, mais Internet aujourd'hui y contribue) la constitution progressive de bases documentaires et historiques, permettant, à chaque nouveauté, à chaque annonce, de la peser au poids du contexte comme de l'évolution historique. Cela me conduira d'abord à accumuler les documents sur papier, puis à construire des bases de données et des sites d'information aussi étoffés que possi le, avec une premère aventure prématurée en 1984, Télédico (un portail sur l'infomatique basé sue lr Minitel), l'Atlas de l'Hypermonde (1992-2000), le Dictionnaire des Stic (Sciences et technologies de l'information, 2000-2005) et, plus spécialisé, Diccan, sur l'art numérique, actuellement ma principale activité.

Les thèmes, au fil des ans

Je suis un des premiers en France, je pense, à parler du probème "informatique et libertés", qui aboutira à la loi française de 1978, avec Nos libertés face à l'informatique, dictature ou démocratie nouvelle (1967) et un peu plus tard Démocratie en temps réel (Le monde, 3 juillet 1971).

Bientôt se prose la question centralisation/décentralisation, et de la part qu'y joue l'informatique. Je pilote, dans Informatique et Gestion, un dossier complet sur l'informatique répartie. Je résume les débats dans Les réseaux à l'heure des passions (1977).

Mais un autre problème, beaucoup plus grave, me fait appeler à la vigilance. Je joue les extrêmes en annonçant Bientôt 7 millions de chômeurs (1977) en France, à une époque où on n'en comptait que 350 000. Plus généralement, sur les inégalités, je cosigne avec Jean-Marie Letourneux Maelstrom (1992), présentant l'informatique comme un maesltrom vers le non-emploi et le fossé digital. En position de synthèse, je soutiens autant que je peux les "méthodes participatives" de conception des systèmes d'iformation (série d'articles à partir de novembre 1978).

Dans des notes internes, Un concept limite, l'information parfaite (1979), je perçois que la baisse des coûts de l'information conduira à repenser à fond l'économie, ce qu'on appelle, au début du 21eme siècle, l'iconomie. Cette réflexion me conduit diffuser (mais sans vraie publication), Maintenant l'hypermonde (1990), qui généralise le propos et y propose une solution positive pour l'emploi, le virtuel étant vu comme un marché sans limites. Ici aussi, la vue est construcitve, c'est un combat contre les déclinologues, en quelque sorte.

En 1990, je participe à un combat contre le monopole des grands constructeurs et de leurs "mainframes propiétaires), en soutenant le downsizing (notes, vers 1990, et différents articles).

Mais mon attitude n'en reste pas moins constructibve, dans une perspectdive globale, avec Convergence (vers 1998) et LHD, une loi de croissance digitale, montrant l'ampleur et le caractère largement irréversible des perspectives ouvertes par "le digital.

Cela me conduit à une réflexion plus radicale sur l'avenir, avec Le post-humanisme (1999), et un livre synthétique, L'informatique libère l'humain. La relativité digitale (L'Harmattan1999).

Un peu plus tard , DAI : Digitally augmented identity ( 2010), contre les pessimistes, entend montrer que le développement de l'informatique, voire du "big data" conduit plus à un renforcement des identités qu'à la dépersonnalisation.

Le départ en retraite m'éloigne de ces combats généraux, et me conduit à mener des réflexions comme Art, algorithmes, autonomie. Programmer l’imprévisible (2009),technique mais combattif en ce sens qu'il fait entrer le brulôt algorithmque dans le monde sacré de l'art. Ces idées se confirment avec Complexity and beauty, the uncanny peak (2013). Mais l'art sert aussi à la prospective, et contribue ainsi au progrès, voir l' enresigrementl video d'une conférence faite pour le groupe 2100.

Mon dernier grand article inscrit l'art nuùmérique dans une perpective globalement positive, avec Digital art, from the Bit to the Cloud, que résume un petit poème :

I feel the Bit beating in my heart
No meaning but power.
I see the Cloud whirling high overhead
Calling us for an answer.
I share the Life, this growing spread.
The World we build together.

En 2015,  la lutte continue. Contre le monopole du Gnafa (Google, NSA, Apple, Facebook, Amazon...), contre le déni sans discussion des propositions des transbumanistes libertariens, contre tous les extrémismes, et surtout POUR construire un monde qui en vaille la peine.

A partir de 2017, l’art numérique commence à décevoir. Il n’est accepté ni par le marché, ni par l’opinion. En mai 2020, je suspens l’évolution de diccan pour me lancer dans un autre combat : pour une meilleure gouvernance, aussi bien dans les entreprises qu’en politique. Je crée le site gouvmeth.com. Et, pour le 14 juillet, je poste Allons enfants !

P.B. 28 juillet 2020